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« Comprendre l’IA avant de s’en servir »

Le samedi 3 octobre 2026, le programme FORCE-N a réuni des professionnels et des étudiants venus apprendre à se servir de l’intelligence artificielle dans leurs études comme dans leur travail. Pendant trois heures, à l’Espace numérique ouvert de Mermoz, l’ingénieure Wedji Kane leur a appris à formuler des demandes précises et à garder leurs données pour eux.

Baye Dame Sylla a fait la route depuis Thiès. À l’université de cette ville, il est chargé du contrôle de la qualité et de l’hygiène. Chaque mois, il doit rendre des rapports dont la rédaction lui prenait trop de temps. L’intelligence artificielle ne lui était pas inconnue. « J’utilisais déjà ChatGPT de façon très vague », dit-il à la fin de la séance. Avec cette formation, il assure avoir « appris une technique vraiment efficace » qu’il pourra utiliser pour produire ses rapports.

Il faisait partie du public de la masterclass « IA et efficacité : transformez votre quotidien d’assistante et de secrétaire », organisée par FORCE-N, programme porté par l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane (UN-CHK) et la Fondation Mastercard. L’activité s’adressait cette fois aux jeunes de 18 à 35 ans en poste comme assistants, secrétaires ou agents de fonctions support. Des étudiants et des doctorants avaient aussi pris place dans la salle. Wedji Kane décrit un public « très intéressé ».

L’animatrice est ingénieure en télécommunications, diplômée de l’ENSEIRB-MATMECA de Bordeaux, où elle est sortie major de sa promotion. Elle s’est ensuite spécialisée en intelligence artificielle et en données à Mines Paris-PSL, puis a cofondé l’Institut des algorithmes du Sénégal, qui forme à l’IA, aux données et à la programmation.

L’essentiel de la matinée a porté sur la manière de s’adresser aux assistants conversationnels comme ChatGPT, Claude, Copilot ou Gemini. Wedji Kane a présenté la méthode RCTC, pour Rôle, Contexte, Tâche et Contraintes. La consigne attribue d’abord une fonction à l’outil, lui donne ensuite les faits utiles, précise le travail attendu et encadre la réponse : format, longueur, ton, langue.

Mbène Diouf, étudiante en deuxième année de mathématiques appliquées à l’informatique à l’UN-CHK, avoue qu’un outil capable de répondre comme une personne, et de livrer des informations qu’elle ignorait, lui faisait peur. La séance, dit-elle, a fait tomber cette idée. « Je l’utilise déjà pour réviser et synthétiser mes leçons. Mais grâce à cette masterclass, je pourrai mieux préparer mes cours et avoir accès aux ressources essentielles », explique-t-elle.

Assistante de direction, Marie-Constance Barboza passe une bonne partie de son temps à rédiger des comptes rendus et des documents administratifs. « J’utilisais l’IA sans connaître les fondamentaux. Aujourd’hui, cette masterclass m’a permis de comprendre ce qu’est réellement l’intelligence artificielle et comment mieux l’utiliser », reconnaît-elle.

Mame Arame Keïta est étudiante en sciences médicales à l’Université Iba Der Thiam de Thiès. Elle travaille aussi à son compte dans l’artisanat et a déjà obtenu, grâce à FORCE-N, des certificats en marketing digital et en cybersécurité. « Cette masterclass a été une révélation, mais surtout un déclic pour moi. J’entendais parler de l’IA partout, mais aujourd’hui j’ai véritablement compris ce que c’est, son importance et comment l’utiliser efficacement », raconte-t-elle. Elle compte s’en servir pour ses études et pour son activité.

La dernière partie portait sur les précautions. Wedji Kane a demandé aux participants de ne jamais partager d’informations sensibles avec un outil d’IA public, qu’elles soient personnelles ou propres à leur organisation, et de relire chaque réponse avant de s’en servir, car l’outil peut se tromper. Elle a aussi rappelé que ces réponses reflètent les données qui ont servi à l’entraîner, biais compris. Elle a ensuite interrogé la salle à main levée : « Avez-vous déjà partagé une information sensible avec une IA publique ? » [Résultat du vote à ajouter.]

Mythe Kaya, doctorant à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, s’arrête sur ce point. « Nous avons appris à dialoguer avec l’intelligence artificielle, mais aussi la question de la responsabilité et de l’éthique. Il faut savoir utiliser cette technologie avec beaucoup de responsabilité pour éviter les dérives », souligne-t-il. Il souhaite que ce type de formation soit reconduit afin de toucher un public plus large.

« Avant de pouvoir utiliser un outil, il faut d’abord le comprendre. Et avant de réguler, il faut le maîtriser », dit Wedji Kane.

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