FORCE-N teste ses apprenants en cybersécurité sur de vraies failles informatiques
Le programme FORCE-N a organisé, les 27 et 28 mars à Saly, Teranga Shield, un exercice de type Capture The Flag réunissant près de cent apprenants. Répartis en équipes de cinq, les participants ont résolu vingt challenges techniques sur des environnements informatiques volontairement vulnérables.
Près de cent apprenants du programme FORCE-N, répartis en équipes de cinq, ont planché sans relâche pendant deux jours à Saly sur un challenge de type CTF, Capture The Flag, une compétition de cybersécurité où chaque équipe doit localiser et soumettre des « drapeaux » cachés dans des environnements informatiques vulnérables. Vingt challenges au total, couvrant les réseaux, les systèmes, la forensique, l'investigation numérique et les injections SQL.
Junior Lushima, mentor pour les certificats cybersécurité, développement logiciel et front-end, a suivi l'ensemble de l'exercice. Il ne cache pas sa surprise. « On était épatés parce qu'on avait commencé vers 10 heures le 27 et arrivé vers 17 heures, il y avait déjà des équipes qui avaient trouvé des flags. Elles étaient déjà à 1 500 points ». Et le lendemain matin, le classement avait encore bougé. Une équipe classée onzième en fin de soirée avait travaillé toute la nuit et remonté l'ensemble du tableau.
C'est précisément cette équipe-là qui a fini sur la plus haute marche du podium. Shadow Ban, emmenée par Alassane Mbengue, étudiant en master de sécurité des systèmes embarqués et analyste senior en cybersécurité, devance Hack Track et Lion Security. Mbengue raconte la nuit décisive sans fausse modestie. « Au début, j'avoue qu'on était à la 11e position jusqu'à 23 heures du soir. C'est à partir de là qu'on s'est remis sur l'affaire et on a commencé à relever encore les défis jusqu'à 5 heures du matin ». Dans l'équipe, les tâches avaient été réparties selon les spécialités : certains sur les failles web, d'autres sur la forensique, d'autres encore sur les réseaux. « Avec l'esprit du groupe, on a réussi à relever ces challenges ensemble ».
Pour lui, ce que Teranga Shield a produit de plus précieux ne tient pas au classement. « On a mesuré notre niveau. On sait exactement sur quoi on doit retravailler. Je pense que c'était ça le plus important ».
Parmi les participants, Fatimatou Dème, ingénieure en technique informatique, est venue avec une attente précise. « Je voulais voir comment ça se passe concrètement quand une entreprise est attaquée. Qu'est-ce qu'on fait, comment on réagit ? C'est ce que je suis venue chercher ici ». Elle repart avec le sentiment que la réponse était au rendez-vous. « Ça répond à mes attentes. Sauf que j'ai senti que je dois encore apprendre ».
Pour Junior Lushima, ces quarante-huit heures confirment une conviction. « Il suffit simplement de les motiver et ils vont faire le job ». FORCE-N, soutenu par la Fondation Mastercard et porté par l'Université numérique Cheikh Hamidou Kane, prévoit d'orienter les participants les plus brillants vers des stages en entreprise pour les aider à sécuriser leurs systèmes. Une prochaine étape que certains, déjà, attendent.
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