Phase 2 du programme de formation des commerçants et coursiers :8 009 participants formés à la relation client, au numérique et à la sécurité routière
La deuxième phase du programme de formation des commerçants et coursiers de FORCE-N s'est achevée fin juin. Elle a permis de former plus de huit mille participants à la relation client, aux outils numériques et à la sécurité routière, dans 10 localités de 6 régions. À l'issue des sessions, des commerçantes disent avoir changé leur manière de travailler.
À Singhère Diola, dans le département de Goudomp, Aïssatou Diédhiou mesure déjà les effets de la formation. Jusqu'ici, elle vendait au marché et de porte en porte, en allant elle-même à la rencontre de ses clients. « Je peux maintenant rester chez moi, utiliser mon téléphone et vendre mes produits », explique-t-elle. « Je n'ai plus besoin de me fatiguer à marcher partout ». La commerçante apprend désormais à présenter ses produits sur Google et sur les réseaux sociaux. Elle dit aussi avoir amélioré sa manière d'accueillir les clients, de parler de ses produits et de fixer ses prix. « Nous avons appris à mieux échanger avec nos clients, à mieux présenter et vendre nos produits, mais aussi à éviter de travailler à perte », résume-t-elle.
Aïssatou fait partie des 8 009 participants formés entre le 1er mai et le 30 juin. L'objectif initial était fixé à 8 000 bénéficiaires. Le programme s'adressait principalement aux commerçants, avec un volet consacré aux livreurs, aux coursiers et aux conducteurs de moto-taxi.
À Kolda, Fatoumata Binta Ba a, elle aussi, découvert de nouvelles manières de vendre. Transformatrice de produits locaux, elle travaille les céréales, les fruits et les légumes. Elle commercialise également d'autres produits, dont de l'huile de palme. Avant la formation, elle vendait surtout lors d'expositions, au marché ou en appelant ses clients par WhatsApp. Elle sait désormais qu'elle peut aller plus loin. « J'ai découvert qu'on pouvait vendre sur TikTok et utiliser WhatsApp Business », raconte-t-elle. « Cela va nous permettre de mieux commercialiser nos produits ».
Francisca Diouf, habitante de Madina Wandifa, dans le département de Bounkiling, a changé son regard sur le téléphone. Agricultrice, restauratrice et transformatrice de produits alimentaires, notamment de thiakry, elle l'utilisait surtout pour passer des appels et échanger sur WhatsApp. La formation lui a permis de découvrir le numérique comme un outil de travail. Elle a compris que son téléphone pouvait aussi servir à présenter ses produits et à toucher de nouveaux clients.
Fatoumata Sow, couturière, publiait déjà quelques vidéos sur TikTok. Elle ne savait toutefois pas encore comment mettre réellement la plateforme au service de son atelier. La formation lui a permis de mieux comprendre comment présenter ses créations et développer sa visibilité en ligne.
La formation ne s'est pas limitée aux outils numériques. Elle a aussi porté sur l'attitude du vendeur, la présentation, l'hygiène et la manière de s'adresser à la clientèle.
Yaba Baldé vend des poulets, du poisson et des vêtements. Pour elle, bien vendre commence par l'accueil. « Il faut sourire, échanger avec les clients, plaisanter avec eux et bien les recevoir », explique-t-elle. Quand on fait grise mine, ajoute-t-elle, personne ne s'approche.
Comme Aïssatou, Francisca, Fatoumata Binta Ba et Fatoumata Sow, de nombreuses participantes abordaient pour la première fois le numérique comme un outil de travail. Les femmes ont d'ailleurs représenté plus de sept bénéficiaires sur dix. Elles étaient souvent issues de groupements.
Plusieurs souhaitent maintenant partager ce qu'elles ont appris. Aïssatou encourage les femmes à se regrouper, à mieux connaître leur activité et à se former. Francisca insiste sur l'assiduité et sur la nécessité de suivre les cours jusqu'au bout. Fatoumata Binta Ba compte, elle aussi, transmettre les acquis à ses proches et aux autres commerçantes de son entourage.
De nouvelles phases doivent prolonger le déploiement du programme. Pour Aïssatou, le changement est déjà concret. La formation, dit-elle, peut aider une femme à « devenir autonome, travailler par elle-même et obtenir ce dont elle a besoin ».
Les commerçants, principale cible du programme, ont suivi les sessions dans dix localités, à Dakar, Rufisque-Est, Ziguinchor, Goudomp, Bounkiling, Sédhiou, Kolda, Mbirkilane, Kaffrine et Saint-Louis. Ils étaient 6 946, pour un objectif de 7 000.
Le programme comprenait aussi des sessions destinées aux livreurs, aux coursiers et aux conducteurs de moto-taxi. Au total, 1 063 professionnels ont été formés à Ziguinchor, Goudomp et Sédhiou, soit davantage que l'objectif initial de 1 000 bénéficiaires.
Les enseignements ont porté sur la relation client et la sécurité routière. Les sessions visaient notamment à renforcer les pratiques professionnelles de métiers particulièrement exposés aux risques de la circulation.
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